Jungfrau Marathon
Dimanche dernier s ‘est déroulé le marathon du Jungfrau. Cette course mythique par la beauté de ces sentiers et la difficulté proposée attire chaque année un nombre incalculable de coureurs en tout genre, tous prêt à en prendre plein les mirettes. Pas d ‘objectif particulier pour ce qui allait être ma première course du genre, mon 1er marathon, si ce n est de donner  le meilleur comme toujours.
 
J avais depuis quelques temps déjà coché cette épreuve à mon calendrier, volonté d’aller vers des épreuves nouvelles qui me ferait sortir de mes  habituelles courses enchainées et m’offrirais une tout autre approche et expérience des courses de fond. Quelques semaines plus tôt, j avais pris part déjà à une autre épreuve non moins mythique ici en Suisse qu’est Sierre-Zinal, dont je n’avais hélas pu profiter pleinement car une gêne persistante me contraignis à l abandon peu après le départ, non loin de Beauregard.
C est donc par une belle matinée d’été que mon WE a démarré, ma moitié m accompagne sur le siège passager, Liam lui est bien attaché à l’arrière déjà bien excité. C’est le cœur léger et les narines chantantes du doux parfum de l’aventure que nous prenons la direction du canton d’Oberland, 1h30 plus au sud, direction Berne puis Interlaken située entre le Thunersee (lac de Thoune) et le Brienserzee (lac de Brienz). Au loin les montagnes se dessinent, on aperçoit déjà la neige sur les hauts sommets. Progressivement les prairies vertes d’une si profonde teneur gagnent encore en intensité. Parfaitement tracées, entremêlées de petites routes alpestres, les larges chalets bien typiques de la région font leurs apparitions. Les massifs alpins dévoilent de leurs superbes et s’imposent par leur suprématie. Le décor est magistral.  
Pour ma 1ere participation j ai pu bénéficier d une invitation de l’organisation qui me permit d arriver la veille pour en repartir le sur lendemain. L idéal pour vivre l évènement de l intérieur et s’imprégner de l ambiance particulière du marathon.
Arrivée sur place, installation dans le palace et petit footing de mise en jambe de 40’ avec dedans 5 x 45 secondes à allure semi-marathon entrecoupés de 30 secondes de récupération pour activer la pompe comme on dit dans le jargon.
Retour à l hôtel puis briefing d’avant course dans le magnifique Victoria Jungfrau Hôtel qui domine le site de course. Bien qu’étant habitué aux briefings du Triathlon, là les visages me sont étrangers alors le jugement porte comme aux premiers jours sur l aspect physique ou le comportement des athlètes ; l’affutage des mollets, les joues creusées, la détermination du regard, l’hydratation de l’un, l’appétit de l autre, tout est analysé scrupuleusement et les regards furtifs fusent aux quatre coins de la salle. La remise des dossards s’effectue enfin. S’en suit une bien belle pasta-party située sous une immense tente blanche, l’écran géant au loin repasse l’édition de la course précédente. L’ambiance est bonne enfant. 2 assiettes de penne bolognaise parmesané me seront bien assez ! Et le tour est joué. 
Lendemain réveil 7 heures. 2 heures me suffisent à me préparer. Petit déjeuner rapide ; un peu de riz, du pain, du miel, un thé, un café et hop 9 heures sonne, le départ se donne. Il y a beaucoup de monde derrière notre sas élite mais aussi sur le bord des routes venus encourager les protagonistes de cette 24e édition. Les kressels ronronnent, les cloches résonnent et les drapeaux bourgeonnent. Le train est lancé sur des bases de 3’20-3’24 au kilo dans les rues d Interlaken et nous partîmes un groupe de 7 dans la vallée en direction des premiers alpages quelques 25 kilomètres plus loin.
16’45 au5km puis 33’40 au 10km et déjà quelques bon pétards nous rappel à la prudence mais aussi de bien s hydrater, d autant que le soleil bien présent fait déjà son effet, tout comme mes compagnons d’échappées qui se disputent des sprints entrecoupés. On a là 2 marocains, 1 éthiopien, 1 kenyan, 1 suisse et 1 anglais. Personne n’est parfait ;-) ! Aucun ne parlent, chacun est concentré à se placer, s alimenter, s’hydrater et récupérer quant ont le peut. Arrivée à mi course c’est Lauterbrunnen, dont les falaises abruptes et hautes en font un haut lieu du base Jump en Europe. 1h13 au semi et les jambes deviennent de plus en plus lourde, je décide alors de calmer l’allure pourattaquer au mieux la montée qui s’annonce et nous mènera de 700 à 2150 mètres en altitude, cela 15 km plus haut. Je suis alors 6ème en compagnie de Kosgei le Kenyan, qui semble être à la peine. Malgré cela, c’est difficilement que je traine ma carcasse de triathlète dans les premières portions les plus raides et voit déjà quelques concurrents me doubler irrémédiablement. Je prends néanmoins le temps de savourer le moment et de regarder la beauté des lieux. C est déjà Wengen, site de la coupe du monde de ski alpin tous les mois de Janvier. L’ambiance y est incroyable et les spectateurs sont en liesse, les groupes de musique traditionnelle se multiplient depuis le départ.
Je souffre de ma grande foulée et ne trouve plus le rythme nécessaire. Plus haut dans les derniers sentiers escarpées, c est la 1ere fille qui me revient dessus, elle ne s arrête jamais de courir, elle est tout légère, et demeure toujours en course pour le record de l épreuve qui date de plusieurs années. Elle est chez elle, elle est suisse alors elle se démène, tire sur ses bras, dandine de la tête et me pousse dans mes derniers retranchements. Mes jambes me brûlent, mon front ruisselle, mon souffle est court, c’est dur. Il ne reste que quelques  centaines de mètres d ascension, les premiers sont déjà arrivés, je donne ce qu’il me reste dans la petite descente qui mène à l’arrivée du Kleine Sheidegg chassé tel un gnou par la gazelle au record. Je franchis la ligne exténué et accroche un joli top 10 en 3 heures 19 minutes perdant tout de même 19’ sur le vainqueur du jour en la personne de Robby Simpson que rien n’y personne n aura pu inquiéter. Si personne n’est parfait, lui aura parfaitement géré son effort.
Là haut le décor est magistral, les montagnes s’élèvent là tout proche de nous, le Jungfrau bien sûr, l Eiger ou encore le Mönch culminent tous à plus de 4000 et moi je plane à 10 000. Majestueusement, ces sommets éblouissent nos prunelles. 
Le temps de se refaire et nous redescendîmes en famille vers la station de Grindelwald 10km plus en bas dans une randonnée comme nous aimons ;  sifflotant le cœur léger, le goût du travail bien fait respirant l air frais des montagnes, rafraichissant mes jambes bien raides dans les petits cours d’eau gelés. L’amour et le bonheur d avoir terminé ce 1er marathon, encouragé par ceux que j aime, me transporte gaiement.
Nous ne sommes que Samedi et le WE promet d’être long sur les sentiers. Je ne compte pas m’arrêter là, le prochain marathon devrait être bien plus roulant et surtout plus rapide mais ça c’est une autre histoire… Alors à très vite pour de nouvelles aventures.


Bye

David
publié le 14/09/2016
 
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